Edito BICO-Info #5

Chères lectrices,
Chers lecteurs,


Quels que soient les fracas au gouvernement fédéral, les entités régionales discrètement - voire sereinement semble-t-il - continuent à travailler, à organiser, à anticiper, à légiférer, à impulser. Ainsi comme chaque année, les 8 et 9 mai prochains, la Région de Bruxelles-Capitale va célébrer la Fête de l'Iris. Le programme du week-end est des plus réjouissants: concerts gratuits, expositions et visite du Parlement bruxellois. Le lancement des festivités se fera dans ce même parlement à 12 heures. Les membres du gouvernement seront présents dont les deux ministres chargées de l’aide aux personnes à la Commission communautaire commune, Evelyne Huytebroeck et Brigitte Grouwels que l’équipe de rédaction de BICO-Info a eu l’opportunité de rencontrer et d’interviewer pour cette cinquième lettre d’information du secteur bicommunautaire.

Neuf mois nous semblait symboliquement un bon tempo pour faire avec nos deux ministres de tutelle un premier bilan de leur action. La ministre Huytebroeck entame sa seconde législature comme ministre Cocom de l’Aide aux personnes et dans cette perspective met spontanément l’accent sur les points continuité mais aussi les points novateurs de ses dossiers. La ministre Grouwels, chargée pour la première fois de compétences bicommunautaires, est dans une phase de découverte dont elle restitue ses immédiates impressions et pose ses premiers désirs d’inflexion de certaines politiques.

Outre le fait d’être les deux uniques femmes du gouvernement bruxellois, Evelyne Huytebroeck et Brigitte Grouwels ont en commun de nombreux points : née en 1958 pour l’une et en 1953 pour l’autre, mariées et mères de trois enfants l’une et l’autre, elles sont de la génération qui a grandi dans l’euphorie et la prospérité des « trente glorieuses » mais a dû prendre ses premières responsabilités politiques quand se profilaient la dérégulation, les crises, les chocs, les transformations structurelles et technologiques des « trente bouleversantes ».

Bien sûr, d’autres éléments les séparent, leur parti, leur communauté culturelle et linguistique mais en ces temps aigus, nous osons espérer que pourra s’accomplir le « rêve européen » du spécialiste américain de prospective économique et scientifique, Jeremy Rifkin présent à Bruxelles le 11 mai prochain. Il fait l’éloge de la douceur et décrit un monde en devenir où l’homo sapiens devient un homo empathicus, un monde pour demain où les décideurs se verront de moins en moins comme les chefs de territoires délimités mais de plus en plus comme les membres d’une « biosphère », la Terre. Dans ce nouveau contexte, ils privilégieront la collaboration par rapport à la confrontation. Si Genève a le privilège de posséder le plus grand accélérateur de particules du monde, on aimerait que Bruxelles, au cœur de l’Europe, ait le privilège de devenir le terreau du plus grand accélérateur de conscience du monde.

Plus encore que les autres années, il est important que nos ministres et bien au-delà toutes les bruxelloises et bruxellois montrent à quel point ils sont accros à la nuance et à la finesse, loin des caricatures et des outrances ; plus que les autres années encore, il est indispensable que les bruxelloises et les bruxellois montrent leur fierté d’expérimenter avec succès au quotidien la confiance dans l’autre. Cet élan et cette volonté sont fragiles, tout comme l’homme reste fragile mais la nouvelle génération est là pour nous aider, elle qui voit de plus en plus le bonheur selon le prisme de la « qualité de vie ».

Donc, joyeuses fêtes de l’Iris et bonne lecture,

Solveig Pahud
Directrice CDCS-CMDC